Comparatif doudounes entre 350g et 450g avec capuche

par Fred dans Doudoune 14 févr. 2015 mis à jour 20 juin 2015 7312 lecteurs 3 commentaires (partager)

Tests comparatifs doudounes entre 350g et 450g avec capuche

Les doudounesAprès un précédent test de doudounes de moins de 600g publié dans Carnets d'Aventures n°14, le présent comparatif a pour objet le test de doudounes comprises entre 350g et 450g avec capuche et garnies de duvet.
 
Nous avons testé 8 doudounes, en voici la liste (cliquer sur chacune pour voir la fiche) :

COLUMBIA Diamond 890 Turbodown

MARMOT Quasar down hoody

MILLET Heel lift Hoodie

MILLET Trilogy Down Tek

OUTDOOR RESEARCH Transcendent Hoody

PATAGONIA Down Sweater Hoody

RAB Continuum Hoodie

TRIPLE ZERO Azal 110

QUECHUA XX Light

 

Détail de construction :

Compartimentation :

Le duvet doit être maintenu en place (réparti un peu partout dans la doudoune), pour éviter que celui-ci se tasse dans le fond de la doudoune.
Pour cela, les constructeurs compartimentent leurs doudounes, formant ainsi des caissons emprisonnant le duvet. (cf. notre dossier sacs de couchage).

Les coutures forment quant à elles des zones de moindre isolation, qui laissent la chaleur s'échapper. Elles forment des ponts thermiques.
 
Le compromis est donc de choisir entre gros caissons afin de limiter le nombre de coutures et ainsi les pertes thermiques qui leur sont liées, ou alors des petits caissons qui permettent de bien maintenir le duvet également reparti dans la doudoune.
On retrouvera donc souvent des doudounes avec de petits caissons pour un usage actif et des modèles à gros caissons pour usage à dominante statique.
 
Une des méthodes pour optimiser ce compromis réside dans la façon de créer les compartiments. Il existe deux méthodes, le "piqué travers" et le cloisonnement en H.
Vous pouvez vous référer à notre test de sacs de couchage où se trouvent des illustrations.
 
Dans le "piqué travers", le fil de couture traverse de part en part la doudoune, ce qui occasionne les pertes thermiques précédemment citées.
Le cloisonnent en H permet quant à lui de garder les "peaux", l’intérieure et l’extérieure, espacées d’une distance constante, il permet aussi de libérer plus de place au duvet pour se gonfler. En revanche, il demande plus de main d’œuvre.

Protocole de test :

En plus du test "terrain", nous avons effectué plusieurs tests en "labo" pour essayer de cerner au mieux les modèles sur différents critères.
L’idée étant de faire des tests les plus objectifs possibles, reproductibles et cohérents avec l’usage attendu pour une doudoune.

L'isolation ("la chaleur") :

Nous avons évalué ce critère - souvent numéro 1 pour une doudoune - avec 2 tests :

Test des bidons :

Le test des bidons, test classique maintenant chez Carnet d’Aventures. Nous entourons un bidon d'environ 25L (représentant un torse) rempli d’eau chauffée à environ 70°C avec la doudoune testée, et mesurons la décroissance de température dans le bidon.
La doudoune a l’élastique du bas serré au maximum, les manches à plat dans les poches, la capuche serrée au maximum et aplatie sur le col, pour minimiser les pertes thermiques.
Les mesures sont prises toutes les minutes pendant environ 12 H.
 
Nous approximons alors le coefficient d’isolation de la doudoune, nommé R en [K/W] par la formule suivante: [R= (DeltaT)/(m*Cp*ln(t0-Text/Tf-Text))]
Formule un peu barbare mais qui marche plutôt bien car nous avons obtenu des écarts entre le calcul theorique et les valeurs mesurées très faible, inferieurs à 0.1°C !

Une autre session du "Test des bidons "
Une autre session du "Test des bidons
"

Durant leur refroidissement, la surface exterieure des doudounes était mesurée au thermomètre infrarouge.

Test des bidons , et mesure au thermometre infrarouge
Test des bidons, et mesure au thermomètre infrarouge

Caméra thermique :

Nous avons eu la chance de pouvoir avoir accès à une caméra thermique.
Nous avons pris 2 photos de chaque doudoune, une de dos et une de face, après l’avoir portée pendant au moins 5min (pour être sûr de ne pas être en régime transitoire).
Ce test permet d’avoir immédiatement une image des pertes thermiques, nous voyons aussi de nettes différences entre les choix de conception.
 
En plus d'une image à l'appréciation de chacun, nous sélectionnons une zone rectangulaire dans laquelle nous mesurons les températures minimale, moyenne et maximale. A l'usage, la température moyenne s'avère être un tres bon critère car la mesure est assez peu sensible à la zone selectionnée, reflétant ainsi les performances de la doudoune, plus que la position de la mesure.

Voici une vue comparative de cinq doudounes (cliquez pour agrandir):
A) TRIPLE ZERO: Azal110
B) RAB: Continuum hoodie
C) COLUMBIA Diamond 890 Turbodown
D) OUTDOOR RESEARCH Transcendent Hoody
E) MILLET Heel lift Hoodie

Camera thermique, Vue comparative de dos et de face.
Caméra thermique, Vue comparative de dos et de face.

Compressibilité :

Souvent le critère qui différencie les isolations en duvet par rapport aux isolations en synthétique.

On utilise un "compressomètre" composé d’un tube de 125mm de diamètre. Nous y tassons la doudoune avec un "piston" en bois. Nous mesurons ainsi la profondeur maximale à laquelle nous avons pu enfoncer le piston.

Nous en déduisons la hauteur restante, qui, multipliée par la surface du tube au sol, nous donne un volume que l’on exprimera ici, pour plus de convenance, en litres.

Le "compréssomètre"
Le "compressomètre"
Test de compréssibilité
Compressomètre en action

Poids :

Balance de précision : nous avons utilisé une balance de précision pour peser chacune des doudounes. Bien entendu elles ont été pesées dans la taille dans laquelle nous les avons reçues. Nous annonçons lorsqu'il est diponible, le poids constructeur pour la taille M et le poids mesuré pour la taille du test (souvent L ou XL).

Déchirabilité :

Nous utilisons un "Bettsometer" ("déchiromètre" !) : c’est une aiguille accrochée perpendiculairement à un dynamomètre à ressort. Sytème communément utilisé dans le milieu du parapente, parachute, montgolfière, et recommandé par l’aviation civile pour les tests sur les avions et planeurs utilisant des membranes textiles. Nous insérons l’aiguille dans un angle du quadrillage du tissu (appelé ripstop) puis augmentons progressivement la tension, jusqu’à la rupture de la première fibre. La valeur finale est donc une force qui sera exprimée ici par abus de langage en grammes (comprendre donc en gramme-force !).

Test de déchirabilité
Test de déchirabilité

Respirabilité :

Critère difficile à mesurer, ce test-là aide à  avoir une idée de l’effet "coupe-vent" de la doudoune.
 
Porosimètre : nous avons utilisé un porosimètre de marque JDC, qui mesure le temps nécessaire pour faire passer 250cm3 d’air au travers d’une surface de 38.5cm² sous une dépression de 10mbar. 

Photos :

Les doudounes

Les doudounes effet




 


Commentaires
(partager)
posté le 18 oct. 2015
MG
bonjour, pourquoi ne pas avoir testé la doudoune de chez Cumulus, très appréciée chez les MUL de RL ?
Invité (utilisateur non inscrit)
posté le 18 oct. 2015
Johanna
Comme nous l'expliquons dans CA #41, vu le large choix de ce type de doudounes sur le marché, et l’impossibilité matérielle et logistique de tester un grand nombre de modèles, nous nous sommes concentrés sur les produits annoncés comme nouveautés par les marques lors du début de ce dossier fin 2014. Toutefois, afin de rendre ce test plus riche, nous avons préféré choisir des doudounes présentant des choix de conception différents, plutôt que des variantes de modèles très proches.
Invité (utilisateur non inscrit)
posté le 24 oct. 2015
MG
merci pour cette réponse ! j'ai pourtant mon carnet d'av, j'ai manqué cette info.:)
Invité (utilisateur non inscrit)
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